Le pitch :

Deux personnages dont on ne sait rien : « Comme deux parties du cerveau qui dialoguent au bord du monde » se heurtent avec humanité aux questions existentielles.

24 courts dialogues percutants, drôles et poétiques : La peur, l’amour, la conscience, l’ennui, la propriété, le rapport aux autres, l’identité…

Ces sujets sont des immenses questions pour les grands et les petits d’homme et l'auteur se garde bien de donner des solutions ou des conseils, il propose aux enfants de se poser légitimement des questions exigeantes.

Drate, qui cherche à comprendre comme on cherche à grandir, pose les questions : « Miche… Les paroles qu’on dit … Est ce que ça reste ? »« Miche, pourquoi est ce qu’on tombe toujours vers le bas et jamais vers le haut ? »« l’Esprit est ce que ça a un poids, Miche ? »« Qu’est ce que c’est la conscience, Miche ? », « Miche, pourquoi tu pleures ? »

Miche tentera de répondre avec son expérience et ses connaissances et finira par offrir à Drate le monde en cadeau d’anniversaire.

L'équipe

Distribution : Victor Peltier (12 ans) - Dominique Wittorski (50 ans)
Mise en scène : Charlotte Blanchard
Auteur : Gérald Chevrolet
Vidéo : Dominique Wittorski, Charlotte Blanchard
Conception Sonore : Sacha Wittorski

Miche et Drate ne vivent pas ensemble.
Situation ordinaire pour beaucoup d’enfants. 
Qu’est-ce qu’être père quand on ne vit pas avec son enfant au quotidien ?
Dans la paternité, il est tellement question de protection et de transmission.
Comment protéger ? Comment transmettre ? Et quoi ? Que permet encore la distance ?
Les nouvelles technologies permettent aux gens séparés par la vie de créer un moment d’intimité malgré la distance physique,
on peut se voir et se parler, on se Skype…

Mais on ne peut pas se prendre dans les bras, ni se respirer. On se voit, mais on fait aussi l’expérience de l’impuissance.
Mais que faire d’autre ? Il faut bien se contenter de Skype ! Sinon, c’est le rien.

Qu’est ce que la distance engendre dans la relation de ce père et ce fils, se parle-t-on de la même façon
quand on ne peut pas se toucher ? Comment se posent les questions ? Comment s’écoute-t-on ? Comment réagir quand il semble qu’il y a urgence ?

Pourquoi un spectacle jeune public ?

Forte de son expérience d’atelier en milieu scolaire avec des écoles primaires, La Question du Beurre décide de s’attaquer au jeune public. Parce que les jeunes enfants seront les spectateurs demain, nous nous réjouissons à l’idée de nous confronter à ce public exigent, spontané et jamais acquis.

Notre travail tourne depuis longtemps autour du thème de la famille, et c’est un sentier que nous n’avons pas fini de tracer. Le jeune public est un maillon manquant à la réflexion autour de ce sujet et c’est sur la belle et importante question de la transmission que nous avons décidé de nous adresser aux enfants.

Miche et Drate de Gérald Chevrolet est une texte que Charlotte Blanchard traîne avec elle depuis des années, elle en a monté plusieurs extraits avec différents groupes à l’occasion des PAG, (projet artistique globalisé) donnés dans les écoles primaires de Charleville-Mézières : « l’École du théâtre, de l’élève spectateur à l’élève acteur ». Ce texte est une formidable matière à jouer et à comprendre le théâtre.

Gérald Chevrolet est un auteur jurassien publié aux éditions théâtrales jeunesse. Il explique très joliment dans une sorte de note d’intention comment et pourquoi il a écrit ce texte :
« … Un parrain est une sorte de deuxième papa. C’est ainsi que, pour mon filleul Arthur, j’avais décidé d’endosser, en plus de l’habit du père Noël, celui du philosophe et de l’homme de théâtre, pour écrire Miche et Drate et lui donner le plaisir de la réflexion ».

« Le plaisir de la réflexion », voilà qui a fini de convaincre la compagnie que c’est bien ce texte que nous avons envie de donner à entendre à un jeune public.

 

Note d'intention

En France, aujourd’hui, plus d’un enfant sur trois ne vit pas avec ses deux parents.
Dans chaque classe d’école, dans chaque groupe d’enfants, il y a ceux qui vivent dans des familles « classiques » et ceux qui vivent sans l’un de leurs parents. Et il n’y a pas de classe, pas de groupe où ceux qui « vivent normalement » ne perçoivent pas le désarroi parfois profond où se trouvent régulièrement ceux qui se passent, contraints et forcés, d’un de leurs deux parents…

Nous voulons parler de cela. Nous voulons leur parler, à eux et à leurs parents, sachant que les uns et les autres ont une expérience de cette réalité : nombre d’enfants vivent éloignés de leur père ou de leur mère.

Gérald Chevrolet a volontairement laissé ouverte la définition de Miche et de Drate.
Pour nous, il s’agira d’un père (Miche) et de son fils (Drate).

Sur le plateau vide, un homme seul tente de joindre son fils pour un rendez-vous téléphonique hebdomadaire. Après plusieurs tentatives, les murs et le sol s’allument et illuminent le plateau du visage d’un enfant de 12 ans. La rencontre entre les deux se fera par ce biais : l’enfant, absent, sera projeté, le père présent tentera la gageure de la transmission à distance…
Le comédien habillé de couleurs claires pourra lui aussi servir d’écran aux projections.
La magie de la technologie, qui permet de se voir alors qu’on est loin, crée un moment précieux pour cet enfant et son père, parce que l’image peut disparaître, le son peut se décaler, la communication peut s’arrêter brutalement.
L’inconfort de la situation provoque une urgence : tenter de créer le contact à tout prix, poser les questions essentielles, celles qui font grandir, donner les réponses les plus justes, se regarder au fond des yeux et finalement se rencontrer.

Ce spectacle est à destination des enfants scolarisés en école primaire (6/11 ans) et de leurs parents.

***

Il nous semble important de pouvoir organiser des rencontres avec les classes comme nous le faisons pour chacune de nos créations.

Extrait

La Conscience
Drate : Miche… Les paroles qu’on dit… est-ce que ça reste ?
Miche : Bien sûr, Drate.
Drate : Où est-ce que ça reste, Miche, les paroles… dans les oreilles ?
Miche : Non.
Beaucoup plus profond, Drate.
Dans la conscience.
Drate : Qu’est-ce que c’est que la conscience, Miche ?
Miche : C’est… un oeil au-dedans de nous. Un oeil qui lit les paroles qu’on dit et qui les garde.
Drate : Dans le ventre ?
Miche : Où tu veux, mais dedans.
Drate : Alors plus profond après les oreilles, dans le ventre, il y a un oeil ?
Et comment il voit cet oeil ?
Et par où est-ce qu’elle entre la lumière jusqu’au ventre ?
Miche : La lumière entre par le cerveau.
Drate : c’est monstrueux !
Miche : Quoi, Drate ?
Drate : Cet oeil qui regarde nos tripes et qui fait des trous dans la tête pour avoir de la lumière !
Miche : Ce qui est monstrueux c’est qu’il y a des gens qui le ferment, cet oeil.
Drate : Comment ça, Miche ?
Miche : En bouchant la tête pour empêcher la lumière de rentrer, Drate !